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Le Chemin (de croix) des Dames

C'est à l'occasion des obsèques qu'une vieille amie que dans une église de Picardie

magnifiquement éclairée par le soleil d'août

que j'ai eu l'idée de ce chemin de croix en 14 stations

consacré aux avanies et aux crimes contre les femmes...


Je tiens à remercier ceux et surtout celles qui m'ont encouragé dans cette entreprise. 

Cette série est évidemment militante. 

Elle est donc destinée à des lieux d'exposition où l'on s'attache à lutter contre la condition indigne faite aux femmes, 

ici et ailleurs.

Quiconque souhaite en disposer m'écrit là :

m_debray@club-internet.fr

 

 

 

 

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La peinture érotique de Michel DEBRAY et Clovis TROUILLE - les cybermodèles

Les textes polémiques - Solange - Nus occitans - les Archives du POIL DANS LA MAIN

Textes érotiques - Ouvrages édités et inédits de Michel DEBRAY - le Musée Imaginaire

Nicole et la Flûte enchantée, première séance de pose

Images aimantes

 

Toutes ces toiles sont réalisées à la peinture à l'huile sur des toiles de lin cloutées

sur des châssis à clés.

On peut les acquérir et aussi commander portraits ou nus..

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NOUVEAU :

LE BLOG de MICHEL DEBRAY

 

Texte intégral de la conférence de Michel Debray sur Clovis Trouille

donnée au Musée de Picardie à Amiens au cours de l'été 2007

 

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Enfant malade

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Lapidation

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

 

Silence

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

 

Solitude

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Torture

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

"Le jour où je n'ai plus mis les bras, les mains devant moi, comme bouclier, il a compris, et moi aussi que je n'avais plus peur. Que c'était fini. Depuis c'est moi qui lis la peur dans son regard. Il baisse la tête en me parlant."
Martine Muller (à qui je dédie cette toile)

 

 

 

 

Viol

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

TOI, MOI, EUX.....
Tu m'as surprise très jeune, à un âge où l'esprit lui restait encore candide....me donnant courbes et galbes de façon précoce!
Je découvrais alors le monde des hommes... Celui de la cupidité, du désir animal, des phéromones,... du vice et du malsain.
Derrière ces regards et ces étreintes pseudo-paternalistes, je discernais cette flamme lubrique.
J'avais aiguisé un sixième sens à la découvrir, la cerner, la reconnaître.
Elle avait cette odeur fétide qui la caractérisait..
Je ne savais que faire, comment réagir.
Souvent paralysée, acculée au mur, n'osant respirer, priant pour devenir invisible.
Je fis vite la corrélation entre toi, ma nouvelle compagne avec qui je devais sensément compter et ces nouvelles sollicitations charnelles.
Travestie dans des vêtement informes d
e
stinés à te cacher toi...
Toi qui m'apportait tant de tortures au corps et à l'âme.
Ce ne pouvait être qu'une erreur...
Dans mes livres où je trouvais refuge en nourrissant mon imaginaire spongieux et débordant, le monde n'était pas ainsi décrit.
M'étais-je laissée berner?
Peut-être, n'aurais-je pas du diversifier mes lectures en les aromatisant de Harlequin série passion, la ch
u
te aurait pu être moins brutale.
Sans trouver de solution, je me mis à m'étourdir dans les batailles que je livrais et remportais contre mes adversaires masculins sportivement, physiquement, sur leurs terrains, mais sans jamais renoncer ou céder!
Mon cheval de bataille restait retrouver l'honneur qu'on m'avait vilement volée.
Ce fut au prix de t'y perdre, toi, avec qui je ne voulais pas être amie!
Un désert implicite en découla.
C'était décidé, jamais sur le terrain de Casanova, je ne les laisserai me manipuler!
Il ne fallait jamais leur faire confiance pour s'en préserver!
Je t'ai inhumé avec joie et soulagement...
Le chemin de croix était terminé.
Au zenith de ma maturité, tu m'as rattrapée au détour d'une séance exorciste.... sur papier glacé.
quel choc brutal, que ce reflet qui m'était étranger, que je snobais et pourtant bien, mien!
Les yeux que je posais sur ces instants volés et figés sur
é
preuves, ont fini de t'exhumer.
Nous nous sommes réconcil
i
ées...
Je suis devenue femme et t'ai embrassé toi.........
Ma féminité.
Difficile d'en faire autant avec eux, la confiance fracturée fut longue à rétablir et continue de l'être encore.

Sabrina

 

 

 

 

Ô vieillesse ennemie !

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

Si j'aime la toile, le titre m'exaspère: la vieillesse n'est qu'une étape... C'est l'accoutrement qui est marginal, inadapté... et rend (à mes yeux) cette belle femme mûre, misérable, avilie.

Laura

 

 

 

Prostitution

(Hommage à Miss Tic)

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Misère

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Excision

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Cicatrice

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

Dédiée à Marie Boutevin
"Cicatrice...une femme sur deux a le ventre mutilé... Toutes les femmes de ma famille appartiennent à cette fratrie. Il existe les balafrées de l'existence, celles du corps et les autres qui, de l'âme et du corps vivent la mutilation."
Marie Collins

 

 

 

Guerres et catastrophes

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Harcèlement

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

 

 

Travail

Huile sur toile - 61 sur 50 cm

 

 

Un grand bravo pour ces toiles à la fois dérangeantes et bouleversantes.

J'ai été très émue en les consultant.

Merci pour cette action militante qui dénonce toute la cruauté humaine...

A bientôt.

Bises à toi et à Dany.

Céline.

 

Bravo, euh non, .... merci...ou désolé, enfin plutôt .....j'ai honte, je baisse la tête, parce que j'ai  laissé passer ces ignominies, merci de me les balancer, avec ton talent pur et dur, en travers de la gueule

Frédo

 

Je suis pétrifiée par ces toiles, est-ce toi qui les as peintes?

Il me semble reconnaître ton style et surtout ton pinceau. Le message vraiment très fort  ne peut être ignoré.

Félicitations

Je t'embrasse

Anne-Marie T.C.

***

 

Bonjour Michel,


-Vous nous présentez 14 tableaux très expressionnistes, on vous savait fasciné par l’éternel féminin et on vous découvre féministe, quel a été l’élément déclencheur de la série « le chemin « de croix » des dames ?

J'ai toujours été féministe et les commentaires de la récente et médiatique affaire m'encouragent à l'être encore plus ou mieux... C'est à l'occasion des obsèques d'une vieille amie que, regardant le chemin de croix d'une petite église du Santerre en Picardie j'ai décidé de réaliser 14 toiles - ou stations - sur les avanies faites aux femmes. Sur Facebook j'ai fait des propositions de tableaux, de sujets et demandé aux femmes leurs avis. Ainsi ai-je écarté l'accouchement de ce chemin de croix des femmes car elles m'ont majoritairement dit que la mise au monde d'un enfant ne pouvait être classée dans les évènements négatifs... Pour l'anecdote, ma compagne Dany m'ayant demandé comment je voyais un chemin de croix spécifique des hommes, après réflexion je ne voyais qu'un sujet possible : leur bite. Certes la misère, la guerre, la violence touchent les deux sexes mais je pense que les femmes supportent davantage.

-Cette série a eu un très bon accueil de la part des médias locaux, sur le Net ainsi que par le public ayant eu la primeur de votre travail, comment expliquez-vous cet engouement ?

Les médias locaux à l'occasion de l'expo au Château des Lumières se font pour le moment discrets et le public aussi d'ailleurs... J'ai testé ces peintures sur le Net et lors d'une expo d'art amateur chez moi, à Ault. C'est une peinture qui tout à la fois touche, émeut, attire et révulse. On est loin des bouquets de roses, des bateaux de pêche et du paysage bucoloque ou de la nature morte classique...

-Les artistes ont toujours eu pour vocation de montrer à la société ce qu’elle voit pas ou ne veut pas voir, concernant cette série, cette démarche pour vous était-elle une évidence dans votre parcours artistique?

J'ignore s'il s'agit d'une vocation à proprement parler. C'est vrai que j'ai longtemps pratiqué une peinture expressionniste dite engagée. Puis, n'ayant plus d'images mentales à jeter sur la toile, j'ai renoncé à cette forme-là pour me concentrer sur des nus et des portraits érotiques. Paradoxalement, cette série du Chemin (de croix) des Dames est venue comme une respiration expressionniste où j'ai pu me faire plaisir techniquement n'étant plus contraint à la ressemblance, à la joliesse... J'ai retrouvé un bonheur de peindre. Quelqu'un me posait la question : comment peut-on peindre une lapidation ? Une lapidation sur une toile, comme dans toute représentation artistique est d'abord un problème technique, comme n'importe quel autre sujet. Comme toujours, je prévoyais de faire sobre, monocolore et c'est évidemment devenu une imagerie à la Clovis Trouille, une sorte de chromo de baraque foraine. Je revendique un certain mauvais goût. Il fait partie de moi. J'essaie de compenser dans la vie par une sorte d'élégance (provocatrice toujours un peu !) dans les rapports humains et amoureux.

-Cette obsession voir cette monomanie de ne peindre que des femmes, est-ce une thérapie pour vous, une déclaration d’amour voir la volonté féroce de séduire toujours et encore ?

C'est tout cela à la fois, cher ami ! Je dis toujours : sous cette apparence d'Orson Welles se cache une Marilyn fragile. Comme dirait Arno : je me sens un peu gouine et puis la chanson de Renaud : En cloque, m'émeut aux larmes. Bon. Je ne vais pas ici reprendre 4 années de psychanalyse et 2 années de psychothérapie. Ce que je sais c'est que la peinture m'a peut-être sauvé... Maintenant, quand je vois l'incroyable courage des femmes, au quotidien, leur tenacité, leur engagement - j'ai travaillé avec des femmes, je sais qu'elles sont fiables, d'un dévouement à tomber - quand je vois le rôle énorme qu'elles ont dans les activités culturelles où elles représentent plus de 60 % du public, de l'animation, de l'administration, de la gestion, etc. je ne peux qu'être admiratif et je le dis AMOUREUX. Il n'y a pas un festival, une expo, un musée, un spectacle qui ne doivent son succès, sa renommée aux femmes. Elles sont essentielles à la vie culturelle et à la VIE tout court. Les peuples qui condamnent les femmes se condamnent nécessairement à l'autodestruction. On va s'apercevoir du rôle des femmes dans les révolutions "arabes" présentes et à venir.

-Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de votre œuvre et de l’homme en particulier ?

On retiendra ce que l'on voudra. Avoir déjà, de son vivant, car c'est bien là le plus important, des témoignages d'amour et d'amitié, de la part de nos anciens élèves par exemple, c'est déjà formidable. Recevoir de son vivant des signes d'"amirosité" comme dit une "amireuse" qui me remercie d'exister, qui se dit heureuse d'avoir croisé mon chemin, c'est cela le paradis. Il n'y en a pas d'autre. Il n'y a que cette vie. Il s'agit d'en faire, à sa mesure, une manière d'oeuvre d'art. Modestement. Ambitieusement.

Merci Michel Debray.

Fred Bourgeade

http://lesvieuxsinges.canalblog.com/